- Trump et Xi, l’échiquier d’un ordre mondial fracturé
- Afrique : la puissance introuvable d’Emmanuel Macron
- Pression américaine en Afrique
- Le Venezuela, le dollar et l’énergie : ce que dit — et ne dit pas — la thèse du « pétrodollar »
- Dix tendances sécuritaires africaines
- Afrique : entre neutralité contrainte et flambée des prix, le coût africain des choix militaires ukrainiens
- Portrait: Felwine Sarr, le veilleur du commun
- La guerre globale par fragments : lecture d’un impérialisme américain décomplexé
Auteur : Tell
La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping à Busan a mis en lumière moins un dialogue stratégique qu’un basculement historique : celui d’un monde où l’affirmation brutale de la puissance américaine se heurte à l’ascension méthodique d’un rival désormais incontournable. La scène de Busan dépassait le cadre protocolaire. Derrière les sourires figés et les déclarations calibrées, se jouait la reconnaissance tacite d’un fait géopolitique majeur : l’ordre international n’est plus unipolaire. Longtemps façonné par Washington, le système mondial entre dans une phase de fragmentation où l’autorité américaine, jadis incontestée, s’effrite sous le poids de ses propres contradictions. Donald Trump,…
À travers son récent discours sur l’ordre du monde et la place de la France, Emmanuel Macron a tenté de réactiver une vieille grammaire géopolitique : celle de la puissance. Dans un environnement international qu’il décrit comme brutal, dominé par le retour du rapport de force, le chef de l’État français affirme vouloir replacer la France et l’Europe dans le jeu des grandes influences. L’Afrique, dans cette vision, apparaît comme un terrain stratégique à reconquérir. Mais derrière cette ambition affichée se dessine une profonde ambiguïté, révélatrice d’un décalage croissant entre le discours politique et les réalités économiques, financières et sociales…
Des frappes, des tarifs et des maneuvres diplomatiques : l’administration Trump impose une stratégie « de force » sur le continent, alimentant les accusations d’un nouvel impérialisme. Donald Trump et son équipe multiplient depuis 2024–2025 des actes de puissance concis — actions militaires ponctuelles, pression commerciale et nouvelles conditions administratives — qui alimentent l’idée d’une doctrine américaine centrée sur l’accès aux ressources et l’imposition d’intérêts stratégiques. Des frappes annoncées contre des groupes liés à l’EI au Nigeria, annoncées par Washington fin décembre 2025, illustrent l’emploi direct de la force au nom de la lutte antiterroriste. Sur le plan économique et…
Une lecture circulant abondamment sur les réseaux avance que la politique américaine à l’égard du Venezuela relèverait d’une défense existentielle du « pétrodollar ». L’argument, qui agrège faits avérés, raccourcis historiques et extrapolations, mérite d’être réexaminé à l’aune des données économiques, des mécanismes monétaires et de l’état réel des marchés énergétiques. Le « pétrodollar » renvoie à un ensemble de pratiques nées dans les années 1970, lorsque les échanges pétroliers internationaux se sont majoritairement libellés en dollars, facilitant la liquidité des marchés et l’intermédiation financière américaine. Les États-Unis y ont trouvé un avantage structurel, renforcé par la profondeur de leurs…
L’année 2025 confirme la recomposition profonde du paysage sécuritaire africain. La régionalisation des conflits, la persistance des violences islamistes, la multiplication des régimes militaires et l’irruption de nouvelles technologies de guerre redessinent les équilibres du continent. Ces dynamiques coexistent avec des investissements structurels dans les infrastructures et la coopération régionale, révélant une Afrique traversée par des trajectoires contradictoires. L’Afrique aborde la seconde moitié de la décennie dans un environnement sécuritaire fragmenté. Les conflits internes se transforment en crises régionales, sous l’effet de frontières poreuses, de rivalités entre puissances extérieures et de la fragilisation des États. En parallèle, les armées nationales,…
Depuis le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne en février 2022, l’Afrique — majoritairement non alignée et extérieure au conflit — se retrouve pourtant en première ligne de ses conséquences économiques. Loin d’être un simple dommage collatéral, la flambée persistante des prix alimentaires et énergétiques sur le continent est directement alimentée par les perturbations logistiques et maritimes induites par la stratégie militaire ukrainienne, en particulier par les attaques ciblant les flux commerciaux russes. Si la guerre est née sur le sol européen, ses effets excèdent désormais largement ce cadre géographique. Les marchés mondiaux des matières premières, hautement interconnectés, ont été durablement…
La voix est calme, posée, presque retenue. Elle ne cherche ni l’effet ni l’adhésion immédiate. Elle s’installe, patiente, comme une présence qui résiste au vacarme du monde. Felwine Sarr appartient à cette rare catégorie d’intellectuels pour lesquels la pensée n’est pas un exercice de domination, mais un acte de soin. Philosophe, économiste, écrivain et musicien sénégalais, il refuse les frontières étanches entre disciplines, géographies et sensibilités. Sa trajectoire épouse une conviction simple et exigeante : le monde ne se comprend qu’à partir de la relation. Dans une époque saturée de ruptures, d’injonctions identitaires et de discours violents, il invite à…
Derrière la brutalité verbale et les décisions erratiques de Donald Trump, une constante se dessine : l’usage de la puissance américaine comme instrument de contrôle des ressources, des routes énergétiques et des équilibres politiques du Sud global. De l’Afrique centrale à l’Amérique latine, la conflictualité contemporaine apparaît moins comme une succession de crises isolées que comme les segments d’une même stratégie de domination, menée par la coercition économique, l’ingérence politique et, lorsque nécessaire, la force militaire. À rebours de l’idée d’une rupture radicale introduite par Donald Trump dans la politique étrangère des États-Unis, la séquence internationale récente s’inscrit dans une…
Nous vivons une époque où l’évidence même de la relation humaine semble se dissoudre. Les principes que l’on croyait solidement ancrés – l’hospitalité, la reconnaissance de l’autre, la construction d’un monde commun – sont aujourd’hui fragilisés, contestés, parfois même ouvertement récusés. Partout, les frontières se durcissent, les imaginaires se rétrécissent, les peurs remplacent les promesses. Ce temps est étrange. Il prétend célébrer la diversité tout en refusant l’altérité. Il invoque la liberté tout en multipliant les exclusions. Il parle d’humanité mais hiérarchise les vies. Dans ce désordre, quelque chose de plus profond est en train de se fissurer : la…
La visite officielle à Dakar, du 8 au 10 janvier 2026, du Premier ministre mauritanien Moctar Ould Djay s’inscrit dans une séquence diplomatique dense entre la Mauritanie et le Sénégal. Derrière l’affichage d’une coopération apaisée, le déplacement met en lumière des priorités sécuritaires communes, des arbitrages sensibles sur les migrations et, surtout, une recomposition des intérêts économiques autour du gaz offshore. Il révèle également deux lectures distinctes de la souveraineté régionale, du Sahel à la CEDEAO, et des rapports différenciés à l’Occident comme aux BRICS. Du 8 au 10 janvier, le chef du gouvernement mauritanien est attendu à Dakar à…
