Des frappes, des tarifs et des maneuvres diplomatiques : l’administration Trump impose une stratégie « de force » sur le continent, alimentant les accusations d’un nouvel impérialisme.
Donald Trump et son équipe multiplient depuis 2024–2025 des actes de puissance concis — actions militaires ponctuelles, pression commerciale et nouvelles conditions administratives — qui alimentent l’idée d’une doctrine américaine centrée sur l’accès aux ressources et l’imposition d’intérêts stratégiques. Des frappes annoncées contre des groupes liés à l’EI au Nigeria, annoncées par Washington fin décembre 2025, illustrent l’emploi direct de la force au nom de la lutte antiterroriste.
Sur le plan économique et commercial, la Maison Blanche a durci le ton : après l’imposition de droits de douane importants sur des produits sud-africains et d’autres mesures commerciales, des échanges diplomatiques tendus ont suivi et Pretoria cherche désormais à renouer des négociations commerciales avec Washington. Ces tarifs et représailles fragilisent des secteurs exportateurs et traduisent une logique de coercition économique.
La compétition pour les matières premières en République démocratique du Congo — cobalt, cuivre, autres minerais dits « de transition » — a pris une dimension géopolitique : analystes et ONG soulignent l’intensification d’initiatives occidentales visant à sécuriser des approvisionnements face à la concurrence chinoise, parfois via des instruments financiers ou des pressions politiques sur les gouvernements locaux. Ces démarches sont présentées par leurs détracteurs comme un accaparement renouvelé des richesses congolaises.
Le cas du Niger et d’autres États sahéliens illustre la complexité du jeu : même si les forces américaines se sont officiellement retirées de certaines bases en 2024, les relations militaires et les intérêts stratégiques demeurent — et la vacance laissée par d’autres partenaires n’a fait qu’intensifier les convoitises pour l’influence régionale. Les signaux envoyés sur le terrain et dans les chancelleries poussent des observateurs à parler d’une politique d’« America First » exportée par d’autres moyens.
Enfin, plusieurs décisions récentes — extension de la politique de caution-visas touchant de nombreux pays africains, pressions commerciales, opérations militaires limitées — alimentent la critique selon laquelle des alliés traditionnels des pays africains restent en large partie silencieux ou démunis face à cette posture américaine. Pour les défenseurs de la souveraineté africaine, il s’agit d’un retour à une realpolitik où ressources et sécurité prévalent sur la coopération égalitaire.

